Ce dimanche matin, Paris a vibré au rythme de la 49ᵉ édition de son mythique marathon. Plus de 60 000 coureurs, venus de plus de 150 pays, ont envahi les rues de la capitale pour célébrer l’endurance, le courage et la passion du sport.
Parmi eux, un nom a particulièrement retenu l’attention : Mohamed Ismail Ibrahim, surnommé Fatah, jeune prodige djiboutien qui disputait le premier marathon de sa carrière.
Et quel début.
Fatah a créé la sensation en décrochant une magnifique 4ᵉ place, avec un chrono exceptionnel de 2h05’38’’, performance qui le propulse instantanément dans la cour des très grands.
Avant de briller sur 42,195 km, Fatah s’était déjà imposé comme l’un des meilleurs pistards de sa génération. Son palmarès parle pour lui :
• 1500 m : 3’36’’
• 5000 m : 12’56’’
• 10 000 m : 27’22’’
• Semi-marathon : 59’54’’
À cela s’ajoutent des titres prestigieux :
• Double médaille d’or sur 5000 m et 10 000 m aux Jeux de la Francophonie 2023 à Kinshasa
• Champion d’Afrique 2024 sur 5000 m à Douala
• Porte-drapeau de la délégation djiboutienne aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Un parcours déjà immense, qui laissait présager une transition réussie vers le marathon. Mais personne n’imaginait qu’il frapperait aussi fort, aussi vite.
À partir du 35ᵉ kilomètre, la bataille pour la victoire s’est resserrée autour de sept hommes. Fatah, loin d’être intimidé, a tenté trois accélérations successives :
• première attaque au 35ᵉ km,
• deuxième au 37ᵉ km,
• troisième au 39ᵉ km, réduisant le groupe de tête à quatre prétendants.
Son audace a marqué les esprits.
Mais l’Éthiopien Teshager, auteur d’une accélération tranchante avant le 40ᵉ km, a créé la sélection finale. L’Italien Yeman Crippa, spécialiste aguerri du marathon, a ensuite placé une ultime attaque dans le dernier kilomètre pour s’imposer.
Classement final :
1. Yeman Crippa (Italie) – 2h05’18’’
2. Teshager (Éthiopie) – 2h05’23’’
3. Kiptoo (Kenya) – 2h05’29’’
4. Mohamed Ismail “Fatah” (Djibouti) – 2h05’38’’
Une densité incroyable : les six premiers sont passés sous les 2h06.
Pour un premier marathon, Fatah a livré une démonstration de talent, de courage et de maturité. Une performance qui confirme la qualité exceptionnelle des coureurs djiboutiens.
Un peuple en quête de victoires sportives
La réélection du président Ismaïl Omar Guelleh, annoncée avec un score de 97,81 %, a été présentée comme un moment d’expression populaire. Dans son premier discours, il a déclaré que ce résultat représentait « la victoire du peuple » et qu’il restait attentif aux messages de la population.
Dans cette dynamique, de nombreux citoyens expriment l’idée que le sport doit devenir une priorité nationale, notamment l’athlétisme, discipline historique de Djibouti.
• la création d’un grand ministère de la Jeunesse et des Sports,
• l’organisation d’États généraux du sport,
• la relance des fédérations sportives,
• la mise en place de championnats nationaux,
• la rénovation et la construction de nouvelles infrastructures,
• et des actions fortes pour éloigner la jeunesse du khat en lui offrant des perspectives sportives.
Pour beaucoup, les exploits d’athlètes comme Fatah montrent que Djibouti possède un potentiel immense, qui ne demande qu’à être structuré, soutenu et valorisé.
En signant un 2h05’38’’ dès son premier marathon, Fatah n’a pas seulement impressionné les spécialistes.
Il a offert un moment de fierté à tout un peuple, rappelant que Djibouti peut encore écrire de grandes pages de sport.
Son parcours inspire.
Sa détermination motive.
Et sa performance ouvre une nouvelle ère pour l’athlétisme djiboutien.
Le petit prince du marathon n’a pas fini de faire parler de lui.
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